Mai 2026: L’INCLUSION EN CRECHE: et si on commençait par se questionner?

L’inclusion n’est pas une adaptation. C’est un regard.

Trop souvent, l’inclusion est abordée comme une réponse à une différence identifiée : un handicap, un trouble du développement, un écart à la norme. On cherche alors à créer une proposition spécifique, taillée sur mesure pour un enfant ou un groupe particulier. Cette intention est louable, mais elle nous emmène, me semble t il, dans la mauvaise direction.

L’inclusion véritable ne commence pas par l’enfant. Elle commence par le professionnel.

Elle nous invite à nous requestionner : Ma proposition est-elle pensée pour tous ? Permet-elle à chacun d’y entrer à sa façon, à son rythme, selon ce qu’il est ? Ce changement de posture est fondamental. Il ne s’agit pas d’ « adapter pour celui qui est différent », mais de concevoir des espaces, des temps et des propositions qui accueillent d’emblée la diversité des besoins, des envies, des manières d’être au monde.

L’inclusion, c’est accueillir chaque enfant dans sa singularité. Elle n’est pas une question d’âge, de handicap, de genre, ni d’aucune catégorie que l’on pourrait poser sur un enfant. Elle est une philosophie du vivre ensemble : se rencontrer, se croiser, porter une attention sincère à l’Autre dans ce qu’il a d’unique.

En crèche, cela prend tout son sens. Les enfants accueillis sont des êtres de sens et de mouvement. Ils explorent, tâtonnent, cherchent, se retirent, reviennent. Chacun a sa façon propre d’entrer en relation avec le monde et avec les autres.

Des propositions pour tous, avant d’être des propositions pour chacun.

La question à se poser, au moment de construire une proposition ludique, n’est pas « pour qui est-ce que je fais ça ? » mais « est-ce que chaque enfant peut y trouver quelque chose qui le nourrit ? ». Cela suppose de penser des environnements riches, ouverts, offrant différents niveaux d’entrée. Cela suppose aussi de garantir, en priorité, une sécurité affective solide — ce socle indispensable à partir duquel l’enfant peut oser explorer, choisir, s’engager dans ce qui l’attire, selon son besoin du moment. Un enfant qui se sent accueilli dans ce qu’il est, sans condition, sans attente de performance, est un enfant libre d’apprendre.

Grandir ensemble, vraiment.

L’inclusion n’est pas un programme à mettre en place. C’est une posture à habiter, au quotidien, dans l’accueil du matin, dans la façon dont on aménage l’espace, dans le regard qu’on pose sur chaque enfant qui franchit la porte. Vivre ensemble, c’est permettre à chacun d’exister pleinement, dans sa différence et sa ressemblance avec l’autre. C’est ça, grandir ensemble.

On en reparle? N’hésitez pas à me contacter!

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